ORGANIC ARCHITECTURE

(1) Faire équipe avec la maison

Un nouveau départ

Chez Villes Vivantes, nous croyons fermement :

✼ que la maison a déjà connu, au cours de son histoire, mille formes qui ne se réduisent pas à celles que nous avons connues au 20e siècle ;

✼ qu’elle est aujourd’hui l’atome fondamental de l’ « urbanisme organique » que nous sommes en train de déployer afin de mieux aménager la France.

Si les habitants peuvent contribuer concrètement à la fabrique des territoires, c’est nécessairement à partir d’un objet sur lequel ils peuvent exercer une forme légitime de pouvoir, d’un objet « à eux ». Pouvoir de décider, pouvoir d’agir, d’adapter, de transformer ce qui vous appartient.

Cet objet, c’est donc « chez eux » : une parcelle, une maison, un jardin, un espace qu’ils vont arranger, aménager, planter, construire, reconfigurer, selon leurs besoins, leurs aspirations, leurs moyens et leur mode de vie. Une étape après l’autre, en mobilisant les compétences de différents professionnels.

Transformer un ancien atelier en une petite maison à soi, nichée dans le centre ville de Périgueux.

L’ « architecture organique », ce n’est donc pas, dans notre conception, une architecture qui mime artificiellement les formes courbes ou plus ou moins aléatoires du vivant. Ce n’est pas, non plus, une œuvre construite par-dessus d’une cascade, ou au beau milieu d’une forêt.

C’est, plus fondamentalement, ce processus par lequel, grâce à un nouveau canal de distribution du service architectural, tout un chacun devient capable, étape par étape, d’aménager son propre espace de vie pour améliorer à la fois son confort propre, celui de ses proches ainsi que l’environnement bâti dans lequel il vit.

L’architecture organique est ce qui rend accessible à tous le sur-mesure, le personnalisé et le bien conçu ; à toutes les étapes de la vie.

A gauche : l’architecture organique dans sa conception d’hier, celle qui s’inspire des formes du vivant, pour quelques bâtiments iconiques, mais finalement anecdotiques. A droite, l’architecture organique que Villes Vivantes développe : celle qui cherche à fluidifier et magnifier la modification de chaque espace bâti, étape par étape, en réponse à l’évolution des besoins et des aspirations personnelles de chacun.

La maison rêvée, boudée, déclarée morte

Les Français rêvent d’une maison. Depuis toujours. Et leur passion ne faiblit pas. Oui la maison est vieille comme le monde.

Mais son dernier avatar a produit sur notre sol des formes un peu répétitives, et surtout : tout l’étalement urbain du 20e siècle. Ce sont nos lotissements qui ont logé, à prix abordable, les familles, les actifs, les employés des fleurons français. Tout ceci a eu un prix : ce sont ces mêmes lotissements qui ont, petit à petit, grignoté nos terres naturelles et agricoles, en banalisant nos paysages.

Foulayronnes, Lot-et-Garonne. La maison individuelle c’est, depuis un siècle, le logement abordable des familles qui s’est imposé presque partout en France grâce au lotissement et à l’étalement urbain.

De leur côté, les architectes et les urbanistes, eux, boudent la maison :

✼ seules 5 % des maisons sont aujourd’hui conçues par un architecte (le recours à l’architecte est obligatoire à partir de 150 m² de surface de plancher…) ;

✼ et vous ne verrez jamais aucun urbaniste, ni aucun paysagiste, revendiquer un lotissement parmi les pièces choisies de son book.

C’est comme si, pendant ces 70 dernières années, les familles françaises et les professionnels de l’aménagement du territoire avaient vécu dans deux mondes séparés. Plusieurs ministres du Logement (poussés par leurs administrations) n’ont pas hésité à annoncer aux Français, tout simplement, le décès de la maison : sa fin, sa disparition annoncée, son obsolescence soi-disant inévitable… Tout en continuant, bien sûr, à habiter, eux-mêmes, dans une maison…

La Tranche-sur-Mer, Vendée, 2026. La maison individuelle, c'est le logement abordable des familles, petites et grandes. Grâce au lotissement, et à l’étalement urbain, ces 70 dernières années. Grâce au village, et à la densification douce, dans les périodes précédentes. Mais aussi demain. BIMBY, BUNTI, BAMBA : nous allons transformer les lotissements d'hier en nouveaux villages, afin de recréer une abondance de possibilités de faire construire sa maison dans les lieux où les Français veulent vivre.

... puis ressuscitée !

Beaucoup ont confondu, en réalité,

✼ le ZAN : le Zéro Artificialisation Nette de la loi Climat et Résilience de 2021, qui implique la fin des lotissements en extension urbaine tels que nous les avons connus, ce qui est plutôt une bonne chose pour nos paysages, pour la biodiversité, mais aussi pour nos temps de trajet quotidiens et la réduction de nos émissions de carbone ;

✼ avec la fin de la « maison » elle-même : l’idée qu’une famille peut vivre dans un espace à elle et jouir d’un jardin, un espace qu’elle peut décider, simplement, d’agrandir, d’ajuster, en fonction de ses besoins et ses rêves.

D'une maison à étage habitée par une mamie qui vit seule, à 4 maisons : une petite maison à l'étage, avec sa terrasse, un studio pour étudiant au 2e, et une autre maison, au fond du jardin, construite par un jeune couple qui se lance.

Les personnes qui ont condamné la maison parce que l’étalement urbain doit s’arrêter ont jeté le bébé avec l’eau du bain. Pour certains, par ignorance, pour d’autres, parce qu’ils n’ont jamais vraiment apprécié, peut-être, l’idée d’une maison populaire, accessible à tous les Français, et les modes de vie qu’elle permet.

Chez Villes Vivantes, nous pensons que la maison a un rôle fondamental a jouer pour l’avenir du pays.

Nos opérations BIMBY, BUNTI et BAMBA le démontrent tous les jours : si nous voulons loger les Français là où ils ont le besoin ou le désir de vivre, à un prix abordable, avec un jardin pour ceux qui le souhaitent, en densifiant l’existant, sans recourir à un modèle économique qui ruinerait les finances publiques, nous pouvons et nous devons faire équipe avec la maison.

Voici comment, en 7 points :

  1. Faire équipe avec la famille
  2. Faire équipe avec 15 millions de voisins
  3. Faire équipe avec l’habitant maître d’ouvrage
  4. Faire équipe avec la filière courte du logement
  5. Faire équipe avec le village
  6. Faire équipe avec le foyer
  7. Faire équipe avec le rêve des Français
Les quartiers d'habitat individuels construits au 20e siècle regorgent d'une abondance de possibilités de construire de nouvelles maisons sans étaler la ville.

1. Faire équipe avec la famille

Décider de faire équipe avec la maison, c’est tout d’abord décider de faire équipe avec la « famille », au sens classique du terme mais aussi, plus spécifiquement, au sens de ce que l’Insee appelle un « ménage » : un ensemble de personnes, parfois une seule, partageant le même toit.

Ce ménage, cette « famille », c’est le cercle restreint qui permet de décider, assez simplement, de rénover, d’isoler, de climatiser, d’agrandir, de surélever, de rénover, de reconfigurer, de subdiviser, de planter et de jardiner, selon les besoins, par étape, à l’occasion d’évènements personnels, familiaux, et même de changements climatiques.

La famille est l’unité de gouvernance « distribuée » (non centralisée) qui rend possible :

✼ l’ « urbanisme organique » : décider de déménager, emménager, faire construire, rénover, diviser… et ainsi, contribuer à la fabrique incrémentale des territoires ;

✼ mais aussi, plus finement, l’ « architecture organique » : décider de planter, jardiner, agrandir, surélever, aménager, subdiviser, louer, climatiser, décorer… c’est-à-dire toutes ces micro actions qui donnent une forme et un fonctionnement à l’habitat de chacun.

La grande maison familiale revit et se transforme en 3 logements. Un petit studio sur rue, une maison avec jardin à l'arrière, et aux étages, un duplex avec sa terrasse privative.

Propriétaire de sa maison, et plus agile architecturalement, la famille est plus libre :

✼ Lorsqu’un petit nouveau pointera le bout de son nez, la famille pourra agrandir et faire une chambre en plus.

✼ Lorsque Madame se mettra à son compte, la famille pourra agrandir et créer un espace confortable de télétravail.

✼ Lorsque mamie prendra de l’âge, la famille pourra lui construire un petit plain-pied dans le jardin, et ne pas l’envoyer en maison de retraite.

✼ Lorsque Monsieur décidera de lever le pied après le départ des enfants, il pourra planter, jardiner, et se mettre à cultiver le jardin, et fournir toute la famille en tomates et en confitures.

A Périgueux, Céline décide de se créer une terrasse et, en même temps, de construire deux logements étudiants partageant un patio.

La maison occupée par son propriétaire est l’archétype de l’habitat adaptable dont nous avons besoin en cette période de grand bouleversement sociologique (vieillissement, décohabitations, enjeux de relance de la natalité, mutation du travail et de l’économie), géographique (recomposition des espaces en croissance et en décroissance) et climatique (réchauffement, sécheresses, inondations, perturbations et modification des climats).

C’est cette unité de gouvernance qui, non soumise à la complexité de la délibération en copropriété, assure que l’adaptation de nos bâtiments ne soit pas ingouvernable mais qu’elle puisse, au contraire, se déployer dans l’ensemble du parc de façon fluide, organique, en épousant les besoins et les moyens de chacun de ses habitants, au jour le jour, avec l’aide de la collectivité.

La maison, sa parcelle, son jardin, et le droit de propriété qui les fonde, sont l’une des clés de la robustesse des territoires, de leur capacité d’adaptation et de résistance à des chocs, de réaction à des évènements, parce qu’elles sont l’infrastructure matérielle et domestique de la bonne distribution des responsabilités, des décisions de faire, puis de la conduite des projets.

Planter, jardiner, rénover, isoler, réparer, agrandir, diviser, climatiser : qui décide ? C’est évidemment plus simple quand c’est Monsieur et Madame…

2. Faire équipe avec 15 millions de voisins

Faire équipe avec la maison, c’est ensuite faire équipe avec les 15 millions de ménages propriétaires des quelque 20 millions de maisons que compte aujourd’hui notre pays.

Ces propriétaires, ces familles, sont libres :

✼ d’investir et de construire à nouveau sur leur parcelle, pour créer de nouveaux logements par extension, subdivision et/ou surélévation,

✼ mais également de céder un bout de jardin à un autre particulier qui y fera bâtir sa propre maison.

En partageant leurs jardins, et en décidant de prendre de nouveaux voisins, ces millions de familles sont, d’ores-et-déjà, le premier producteur de terrains à bâtir de France : elles ont, entre leurs mains, une abondance potentielle, organique, de terrains à bâtir déjà branchés aux voiries et aux réseaux, une abondance de terrains situés en zone déjà urbanisée, une abondance de micro-fonciers à bâtir dont nous avons besoin pour faire baisser le prix du terrain et, partant, du coût final du logement.

Carte des 173 500 maisons individuelles déjà bâties (INSEE, 2023) déjà bâties sur le territoire de Bordeaux Métropole : plus elles sont centrales, plus elles sont bien situées, plus les terrains qui pourront être produits en démultipliant les jardins existants seront petits. L’enjeu est de faire équipe avec les propriétaires actuels pour recréer une abondance de lots à bâtir dans la diversité de cadres de vie créée par l’histoire de l’urbanisation du territoire.

3. Faire équipe avec l’habitant maître d’ouvrage

Faire équipe avec la maison c’est, ensuite, faire équipe avec le modèle économique le plus abordable de la production de logement en France : l’auto-promotion.

Faire construire sa maison (c’est l’habitant qui est le maître d’ouvrage de son projet, et non pas un maître d’ouvrage délégué, c’est-à-dire un promoteur) permet non seulement de concevoir son projet au plus juste, en fonction de ses besoins propres et personnels, mais également d’économiser entre 500 et 1 500 € par mètre carré construit, soit jusqu’à 200 000 € de moins, pour une maison familiale, qu’avec le modèle économique de la promotion.

Depuis 50 ans en France, l'autopromotion assure entre un tiers et la moitié de la production de logements neufs en France, essentiellement le logement social abordable. La baisse de la part de l'autopromotion enregistrée en 2024 et 2025, à 22%, s'explique simplement par le fait que seule la production de logement social, en promotion, s'est globalement maintenue (grâce aux efforts exceptionnels de la Caisse des Dépots pour acheter des parties de programmes en bloc) contrairement à la promotion et à l'autopromotion privées qui se sont effondrées. Le ZAN est également une menace qui pèse sur l'avenir de l'autopromotion, et donc du logement abordable. C'est tout l'enjeu de l'urbanisme organique que de refaire une place, en densification douce, à la maison individuelle sur mesure et son modèle économique abordable.

Ces 50 dernières années, l’habitant maître d’ouvrage a produit, en autopromotion, entre 30 et 50% de la production totale de logements en France, essentiellement le logement familial abordable : 85% des maisons en France sont construites en autopromotion, et 15% en individuel groupé, par des promoteurs ou des bailleurs sociaux.

Pour que le ZAN ne signe pas l’extinction progressive du modèle abordable de l’autopromotion, nous devons nous allier avec l’habitant maître d’ouvrage et créer les conditions pour qu’il puisse opérer, dorénavant, en densification douce et organique plutôt qu’en extension urbaine. C’est tout l’objet des opérations BIMBY et BAMBA développées par Villes Vivantes.

L’habitant maître d’ouvrage, c’est le modèle de l’autopromotion qui produit 85% des maisons en France. Il permet de réaliser des économies allant de 500€ à 1500€ pour chaque mètre carré construit.
L'habitant maître d'ouvrage c'est celui qui fait construire sa maison pour lui même et sa famille. Résultat : chaque maison ressemble à ses futurs habitants, chaque parcelle est différente, et un quartier se construit par des centaines de chantiers différents, avec chacun leur maître d'oeuvre.

4. Faire équipe avec la filière courte du logement

Faire équipe avec la maison c’est, concrètement, faire équipe avec tous les acteurs de « la filière courte du logement » : constructeurs de maisons, maîtres d’œuvre, architectes, entreprises de construction et artisans, géomètres, agents immobiliers et notaires.

L’ensemble de ces professionnels déploient, partout en France, des territoires les plus tendus aux plus reculés, une industrie immobilière miniaturisée, capable de produire

  • du sur-mesure,
  • à la demande,
  • et à l’unité.

Ils sont les seuls à pouvoir intervenir dans les millions de micro-fonciers qui sont aujourd’hui disponibles en abondance dans les parcelles déjà bâties.

Contrairement aux grands opérateurs nationaux, ces acteurs sont très majoritairement composés de petites et moyennes entreprises locales, aux rayons d’action restreint, qui opèrent quelques dizaines ou centaines de projets chaque année.

Ils constituent, sur l’ensemble du territoire national, le savoir-faire, la compétence, l’esprit d’entreprise, le vivier local et organique dont les projets portés par les habitants ont fondamentalement besoin pour être concrétisés.

Grâce à ses performances économiques, le modèle de l’autopromotion est non seulement capable de produire à l’unité, sur mesure, à la demande, mais aussi de produire partout en France là où le modèle de la promotion immobilière est contraint de rester cantonné aux marchés tendus.
En France, selon les périodes, de 30% à 50% des logements neufs sont produits en autopromotion. En Angleterre 10%, aux Etats-Unis 20%, en Suisse, 30%, en Italie 50%, en Autriche 65% et au Vietnam 75%. Ces maisons sont reconnaissables car elles ne sont pas standardisées mais conçues pour un maître d'ouvrage spécifique.
L’opération BAMBA de Clermont-Ferrand : des terrains sur mesure, des lots abordables parce que petits (à partir de 140m2), des prix terrain + maison défiant toute concurrence, et accessibles aux locataires actuels du parc HLM (qui représentent la moitié des acquéreurs des lots) grâce au modèle de l’autopromotion.

5. Faire équipe avec le village

Faire équipe avec la maison c’est, plus profondément, faire équipe avec le modèle du village : non pas en imitant le pittoresque de la carte postale, mais en réactivant ce processus parcellaire, incrémental, qui aboutit par étapes à des morphologies et des densités qu’on peut qualifier de « villageoises » : éclectiques, adaptables et évolutives.

Des formes urbaines dans lesquelles les Français, mais aussi tous les habitants de la planète, reconnaissent l’identité de chaque territoire, ainsi que cette « échelle humaine » à laquelle ils aspirent pour leur vie quotidienne.

A Périgueux, une grande maison devient 3 maisons et signe le début d'un village : l'ancienne maison est agrandie et divisée en 2 maisons, et une maison neuve supplémentaire est construite dans le jardin.

Aujourd’hui, les plus grandes métropoles du monde comme Tokyo (40 millions d’habitants), Jakarta (35 millions) ou encore Ho Chi Minh City (14 millions) et Hanoï (10 millions) se développent très largement par la maison individuelle villageoise, essentiellement construite en autopromotion.

Si la forme du village convient parfaitement à nos territoires ruraux, nos petites villes et villes moyennes, c’est aussi comme cela, en large partie, que les grandes villes françaises pourront conjuguer puissance économique et industrielle, grands équipements, services, mobilités douces et décarbonées, à une offre organique de logements abordables et confortables, avec jardins, une offre compatible avec la formation d’un projet familial. Aujourd’hui, le lien entre la maison et la grande ville et les grandes ambitions nationales, paradoxalement : c’est le village.

La maison contient en germe le village, lequel contient en germe la ville, laquelle contient en germe la puissance d’un pays.

Les tissus villageois métropolitains des métropoles vietnamiennes sont constitués des mêmes ingrédients que nos villages : des maisons, des petits collectifs, des plantations, et des ruelles à taille humaine.

6. Faire équipe avec le foyer

On oppose parfois l’espace domestique du foyer, son intimité et son caractère privé, à l’État et sa volonté de puissance.

C'est une erreur : les forces vives dont la France dépend pour se relancer économiquement, pour se réindustrialiser, mais aussi pour faire rayonner sa culture, ont besoin d’un espace propre, à soi, privé, dans lequel se ressourcer.

Pouvoir contribuer avec force au projet collectif demande une base personnelle solide. Une maison pour élever ses enfants, un jardin qu'on peut planter, arranger, agrandir : c'en est une.

Les millions de foyers français qui peuvent jouir librement d’un espace propre, confortable, et privé, c’est cela la première infrastructure de la puissance productive de la France.

Les individus rêvent, souvent, d’une « maison individuelle », pour leur résidence comme principale comme pour leurs vacances. Et ils rêvent, à travers cette maison, d’un emplacement, d’un lieu.

7. Faire équipe avec le rêve des Français

Décider de faire équipe avec la maison c'est, enfin, faire équipe avec le rêve de chacun : rêve de liberté, rêve d'un jardin à soi, d'un potager, d'une piscine, ou encore tout simplement, de voir jouer ses enfants par la fenêtre de la cuisine.

Décider de faire équipe avec la maison, c'est donc entraîner toute la fabrique des territoires du côté du plaisir, de la réponse aux attentes profondes de chaque individu.

C'est de ce côté-là, croyons-nous, qu'il faut chercher un modèle économique viable — pour la collectivité, pour les Français, pour les opérateurs. Un modèle qui fasse monter en gamme chaque territoire. Un modèle qui déploie la conception architecturale sur toute la production du cadre de vie bâti, et non plus sur une fraction.

Faisons en sorte que chaque logement soit conçu selon les besoins et les moyens de chacun, en harmonie avec chaque lieu. Que l'art de vivre à la française poursuive sa route, organique, qu'il nous permette de continuer à faire rayonner la France, à inspirer le monde entier comme le monde entier nous inspire.

Le modèle serviciel de l’architecture organique, ou le passage à l’échelle de l’architecture

L'architecture organique, c'est l'art d'apporter un service architectural à toutes les familles, à tous les porteurs de projets, afin que tous puissent adapter et transformer leur parcelles, leurs bâtiments, leurs cours, leurs jardins, à toutes les étapes de la vie.

Par un processus de conception distribuée, l'architecture organique cherche à rendre le sur-mesure accessible à tous, partout, tout le temps.

Elle est coproduite :

✼ par un vaste ensemble de professionnels aux savoir-faire multiples, qui ne sont pas tous « architectes », au sens où on entend aujourd'hui ce terme, mais dont la sommes des contributions permet d'adapter et de transformer chaque espace de façon incrémentale, récursive et finalement, architecturale ;

✼ grâce à de nouveaux services, de nouveaux rôles, de nouveaux métiers qui interviennent en différents points de la chaîne de valeur immobilière, patrimoniale et écologique.

1/ L'enjeu : réussir, grâce à la maison, le ZAN et la Grande Adaptation

Le besoin est immense, et il est double.

Réussir le ZAN, d'abord. En fermant progressivement le robinet de l'extension urbaine, la France s'oblige à produire l'essentiel de ses logements dans les tissus existants. Or ce gisement — les jardins, les toits, les parcelles des 20 millions de maisons — ne peut pas être mobilisé, économiquement, pas de grandes opérations, la valeur des maisons existantes étant trop importante pour que les promoteurs puissent l'absorber dans des bilans de promotion à l'exception de quelques secteurs (autour des gares par exemple) au sein des marchés très tendus : ce gisement ne peut être mobilisé que par densification douce, c'est-à-dire par des centaines de milliers de micro-projets portés par des particuliers.

Sans un service architectural capable d'initier et de faire aboutir chacun de ces projets de densification douce, le ZAN restera une contrainte sans contrepartie : une pénurie organisée. Si la densification douce parvient à passer à l'échelle, le ZAN deviendra ce qu'il aurait toujours dû être : un changement de méthode, pour passer la production du logement abordable de l'extension urbaine à l'intensification. L'enjeu quantitatif est connu : activer chaque année les projets de 1% à 2% des propriétaires de maison suffirait à plus de la moitié des besoins nationaux. Sans artificialiser un seul mètre carré de terre naturelle, forestière ou agricole.

Réussir la Grande Adaptation, ensuite. Le parc existant doit se transformer en continu : vieillissement de la population (adapter, reconfigurer, loger la famille et les proches), décohabitations et recompositions, télétravail, adaptation climatique du bâti et des jardins, performance énergétique. Aucun plan centralisé et standardisé ne peut piloter des millions d'adaptations singulières qui sont, par nature multi-dimensionnelles : pour réussir, la France ne peut pas se contenter de grands plans sectoriels qui visent chacun un seul objectif indépendamment les uns des autres :

✼ isoler,

✼ adapter à l'âge,

✼ climatiser,

✼ planter,

✼ adapter la taille des jardins,

✼ décarboner,

✼ investir pour louer,

✼ valoriser le patrimoine,

✼ lutter contre l'habitat indigne,

✼ améliorer le confort d'été,

✼ améliorer le confort d'hiver,

✼ améliorer la luminosité,

✼ rendre le logement abordable,

✼ embellir…

Ces politiques publiques sont vouées à l'échec :

✼ si elles sont conduites de façon sectorielle,

✼ par le seul levier de la subvention et du guichet,

✼ et si elles ne prennent pas comme point de départ la personne, la famille, l'usage et les besoins de chaque porteur de projet, qui évoluent au fil du temps, de façon organique.

Seule une intelligence architecturale distribuée, disponible à la demande, peut accompagner chaque foyer au bon moment de sa vie dans le bon projet. C'est précisément l'objet du modèle serviciel de l'architecture organique que de rendre ce service possible.

2/ Le défi : répondre à des exigences plus élevées, dans un contexte plus complexe

Nous sommes devenus de plus en plus exigeants sur notre lieu de vie, sur notre cadre de vie. Ainsi que sur le lieu dans lequel nous aimerions vivre.

Cette double exigence est le point de départ es modèles d'opérations de densification douce développés par Villes Vivantes :

✼ BIMBY : démultiplier les lots à bâtir et les options de vie partout en France,

✼ BUNTI : rénover, reconfigurer, transformer tout le parc bâti existant pour déployer partout de nouveaux espaces de vie attractifs et répondant à la demande ;

✼ BAMBA : lotir massivement à la demande là où la demande est forte pour faire baisser les prix ;

✼ Et BRAMBLE : passer, sur le même lot, de la maison horizontale à la grande maison élancée dans les lieux d'intensification les plus stratégiques

En situation de densification douce, les projets sont plus complexes, les parcelles plus délicates, les voisins plus méfiants et les budgets des particuliers et des opérateurs plus serrés : tout ceci génère un niveau de difficulté supplémentaire qui va nécessiter, de façon abondante, aide à la réflexion, aide à la conception, aide à la programmation, aide à la décision, puis assistance à maîtrise d'ouvrage tout au long du projet.

L'habitant maître d'ouvrage de ses propres projets de construction, d'adaptation et de transformation, représente un gisement de projets infini qui demande un service architectural accessible de façon universelle, à la demande.

3/ Le pivot : élargir et passer à l'échelle le service architectural

Aujourd'hui, celui qu'on appelle « architecte » est celui qui remplit le double rôle de « concepteur » et de « maître d'œuvre » : c'est lui qui va dessiner les plans, et piloter les entreprises qui réaliseront les travaux. Pour cette même tâche, l'habitant maître d'ouvrage peut aussi choisir un constructeur de maison individuelle (contrat CCMI, qui permet de garantir prix et délais), ou un maître d'œuvre, qui jouera le même rôle que celui de « l'architecte ». Pour des travaux de rénovation, reconfiguration, extension, surélévation, l'habitant maître d'ouvrage a le même type de possibilités de choix d'un maître d'œuvre, à la différence que le contrat de rénovation de type CCMI n'existe pas encore.

Le problème, dans ce modèle de délivrance du service de conception architecturale, c'est qu'il est limité en portée, pour plusieurs raisons :

✼ le contrat de maîtrise d'œuvre architecturale n'est choisi que par une petite minorité des habitants maîtres d'ouvrage (5 % des maisons neuves sont conçues par des architectes), et encore, parce que la loi de 1977 oblige les particuliers à recourir aux services d'un architecte pour des projets de plus de 150 m² de surface de plancher ;

✼ du côté des architectes maîtres d'œuvre, ces projets modestes portés par des particuliers sont souvent difficilement équilibrés d'un point de vue économique : sur de faibles montants de travaux, les honoraires de conception et de suivi sont limités, face à des maîtrises d'ouvrage amateurs qui peuvent avoir des difficultés à prendre des décisions fermes, changer d'avis, se contredire… ;

✼ le rôle de l'architecte, quand il est choisi, intervient assez tard : une fois la décision de faire prise, une fois les solutions de financement déjà validées, une fois les grandes options (architecturales, patrimoniales, économiques) connues et arbitrées.

Pour passer à l'échelle le service architectural, le pivot que Villes Vivantes opère consiste à :

✼ créer un service complémentaire à celui de l'architecte maître d'œuvre actuel, en remontant son rôle d'un cran vers l'amont, afin de positionner un service architectural élargi qui commence avant la décision de faire (au moment de la réflexion sur la possibilité et l'opportunité du projet) et qui se déploie ensuite jusqu'à la livraison — à l'exclusion du rôle traditionnel du maître d'œuvre, qui demeure inchangé, qu'il soit assumé par un architecte, un maître d'œuvre ou un constructeur de maison individuelle : c'est ce rôle, ce service et ce nouveau métier que nous désignons par « architecte incrémentaliste » ;

✼ opter pour un modèle économique au résultat (à l'instar de celui des notaires, des conseillers en gestion de patrimoine, des agents immobiliers), qui assume le risque d'échec et de non-aboutissement du projet avec le particulier lui-même, et qui est défini en proportion de la valeur d'usage réellement développée par le projet ;

✼ ouvrir la possibilité d'un financement de ce service soit par le porteur de projet lui-même, qui intègre cette mission dans le bilan de son opération d'autopromotion, soit par la collectivité qui veut favoriser la production de logements en densification douce — et qui compte sur les recettes fiscales engendrées (taxe d'aménagement, taxe foncière), mais aussi et surtout sur les économies de fonctionnement réalisées grâce à la densification (la production de logements en extension urbaine nécessite de créer et d'entretenir des voiries et réseaux nouveaux, estimés en 2026 à environ 2 000 €/maison/an).

4/ Le double rôle de la collectivité : coder les règles et co-financer le service architectural

Dans ce processus, la collectivité peut jouer deux rôles.

Le premier rôle, c'est celui d'écrire les règles d'urbanisme qui s'appliqueront, dans chaque zone du PLU, à toutes les parcelles, tous les projets, des plus modestes aux plus importants. C'est un travail clé, stratégique, déterminant, qu'il ne faut pas envisager comme la description des limites ou des garde-fous à imposer aux projets, mais plutôt comme l'écriture du code lui-même de la mutation du tissu urbain.

L'ensemble des règles applicables aux projets forme un code, et ce code peut produire des résultats qui correspondent aux attentes de la collectivité et des porteurs de projet — ou l'inverse. Un travail de test et d'itérations est indispensable pour fabriquer un règlement qui guide les projets dans la bonne direction.

Le deuxième rôle, c'est de financer le service architectural à la demande pour stimuler et qualifier les projets, pour lancer des opérations nouvelles de densification douce — comme on lançait hier un lotissement ou une ZAC — afin de garder un rôle proactif dans le pilotage de la capacité d'accueil du territoire.

Références

Fine granularité, gouvernance décentralisée, conception à la demande, apprentissage distribué : les clés de l'adaptabilité et de l'évolutivité des tissus urbains

✼ On ne peut pas comprendre ce qui rend une ville vivante sans comprendre ce que veut dire « incrémental »

✼ Fine granularité, optionalité et densification

✼ L'optionalité, cette propriété qui nous permet de faire de l'imprévu un atout

✼ L'urbanisme incrémental, ou la science de l'adaptation des villes

✼ Et si la clé de l'adaptabilité d'une ville était… le village ?

✼ Face au désordre, l'urbanisme de viabilité : transformer plutôt que figer

✼ La magie de l'apprentissage distribué : comment l'art de bâtir les villes devient – aussi – une science

Réussir à loger tout le monde tout en respectant le ZAN

✼ Comment nous avons créé la pénurie de foncier constructible

✼ 20 millions de maisons attendent d'être construites au cœur de nos jardins

✼ Pourquoi l'heure du “Zéro Artificialisation Nette” est aussi celle de la “maison avec jardin”

✼ La densification douce, ou la miniaturisation de l'industrie immobilier à l'heure du ZAN

Réussir la Grande Adaptation et la Grande Transformation grâce à l'industrialisation du sur-mesure

✼ Des millions de logements à reconfigurer et créer dans les années à venir

✼ La stratégie nationale bas carbone est-elle sérieuse ?

✼ Sous-occupation des logements : comment passer du constat… à l'action ?

✼ Que se passe-t-il lorsqu'on raisonne sur des Français théoriques, habitant des logements théoriques ?

✼ L'immense défi de la rénovation énergétique : quel effet de levier ?

✼ Politique de rénovation mono-orientée vs service d'accompagnement sur-mesure

✼ Rénovation énergétique : sortir des « mono-gestes »… ou des politiques publiques « mono-objectif » ?

✼ Performance énergétique des logements et projet global

✼ “La toiture s'effondre !” “Revenez me voir avec un projet d'isolation !”

✼ Pourquoi le petit lot est l'atout stratégique de la Grande Adaptation

✼ Du nord au sud de l'Espagne : quand la morphologie des cours intérieures s'adapte au climat pour faire baisser la température en ville

L'avenir de la maison et le rôle de la filière courte de production du logement

✼ L'auto-promotion accompagnée : un modèle économique pour la production massive de logements abordables en France

✼ Quel rôle pour la filière courte dans la production de logements ?

✼ La maison individuelle : de « l'erreur urbanistique » majeure du XXème siècle à l'une des plus grandes opportunités du XXIème

✼ Ce n'est pas la fin du pavillon avec jardin en Bretagne : c'est là qu'il se réinvente

✼ Le logement abordable en France, c'est « faire construire »

✼ Il faut sauver les bâtisseurs de nos maisons

Emplacement de qualité, maison sur mesure : une demande de plus en plus exigeante

✼ Soyons honnêtes : nous sommes tous obsédés par notre cadre de vie

✼ Réapprendre à créer de bons emplacements

✼ Plus nos vies deviennent virtuelles, plus l'emplacement réel devient vital

✼ L'importance de l'emplacement n'est pas nouvelle. Mais elle s'envole

✼ Plus construire coûte cher, plus l'emplacement devient la clé du logement abordable

✼ L'emplacement : ce n'est pas le foncier qui est rare, c'est l'urbanité désirable

✼ Être un peu touriste tous les jours

✼ Pourquoi les jeunes actifs s'installent en métropole (alors qu'ils rêvent de villes moyennes)

Rendre l'accession abordable à la propriété grâce à la densification douce

✼ Investir dans le rêve des jeunes, c'est investir dans l'avenir de nos territoires

✼ Le retour du lot libre dense

✼ Le logement abordable en France, c'est “faire construire”

✼ Comment créer un choc de l'offre foncière ?

✼ La résolution de la crise du logement abordable est à portée de main

✼ La première couronne de Bordeaux peut-elle redevenir accessible aux familles de la classe moyenne ?

✼ Densifier pour produire plus abordable ?

✼ Déverrouillons l'accès à la propriété pour les nouvelles générations

✼ Beaucoup de Français détiennent déjà, sans le savoir, un capital mobilisable pour se créer un complément de retraite

✼ Fractalité du parcellaire, géographie de la confiance et démocratisation de l'accès à la propriété

Les nouveaux modèles d'opération de densification douce fondées sur la délivrance d'un nouveau service architectural à la demande

✼ BUNTI, BIMBY : réussir la transformation de nos quartiers pavillonnaires en villages

✼ Les opérations BUNTI : de la rénovation à la reconfiguration

✼ Le BIMBY au service de l'intergénérationnel

✼ Pour que le BIMBY prenne le relai du modèle pavillonnaire

Les nouveaux métiers de l'architecture organique

✼ L'avenir est au sur mesure

✼ Pourquoi la réflexion énergétique est l'une des premières briques à poser

✼ Créer de nouveaux métiers pour libérer le foncier constructible

✼ Le plus beau métier du monde : faire de chaque parcelle un eden

✼ Le plus beau métier du monde : n'oublier personne

✼ Le plus beau métier du monde : construire une alternative à la maison de retraite

✼ Le plus beau métier du monde : créer une alternative à la promotion immobilière

✼ Le plus beau métier du monde : résoudre des problèmes complexes par un travail de conception multi-facettes

✼ Pour changer le monde, n'est-ce pas le métier d'ingénieur que nous devrions faire bifurquer ?

✼ Pour agir mieux et plus vite, nous avons besoin de confiance, et non de culpabilité

✼ Métiers et crise des vocations : accélérer la transition sans standardiser nos solutions ?

✼ L'art et la science d'“architecturer”

✼ Sur quelles bases devons-nous rebâtir l'esprit scientifique français ?

✼ Quand nos modèles numériques deviennent les premiers obstacles de l'adaptation au changement climatique

Codes, règles, liberté, conception : le sur mesure au service de la Grande Transition

✼ Arrêtons de dessiner des quartiers. Codons-les.

✼ Les règles de l'art, ou quand la règle rend libre

✼ Lorsqu'une norme est construite sans apprentissage, elle ne corrige pas l'erreur : elle la rend obligatoire

✼ Soit vous vous fixez vos propres règles, soit d'autres s'en chargeront pour vous

✼ Liberté de choix et adaptabilité

✼ De la ville-objet à la ville-processus : pour un urbanisme de la liberté

✼ Une ville ne peut pas être entièrement dessinée

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