FRENCH WEST COAST

Aménager la France qui vient

La France n’a pas encore compris le génie de sa West Coast.

Nos cours de géographie et d’économie nous ont appris à regarder vers l’Est.

Vers cette grande figure de la prospérité européenne : la fameuse banane bleue, ce corridor de richesse reliant le sud de l’Angleterre, la Ruhr, la Suisse et le nord de l’Italie, qui concentre à lui seul près d’un quart du PIB européen.

Mais regardons maintenant vers l’Ouest.

Une autre forme se dessine : un arc jusqu'ici discret, puissant depuis une dizaine d'années seulement, qui part du Pays basque espagnol, remonte par Biarritz, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Rennes… et file jusqu’aux côtes bretonnes.

Arc territorial de la façade atlantique française, en regard des régions européennes (densité de population, NUTS 3)

Un littoral. Une façade. Un monde qui est en train de se construire : la French West Coast.

Ce n'est pour l'instant ni un slogan touristique, ni un projet d’aménageur, ni une stratégie d'aménagement du territoire pilotée par l'Etat.

C’est d'abord un phénomène organique. Personne ne l’a planifié. Personne ne l’a dessiné. Mais les chiffres sont là.

Des millions de décisions individuelles, d’entreprises, d’étudiants, de familles, de médecins, d’entrepreneurs… sont en train de produire la French West Coast sous nos yeux.

Depuis dix ans :

✼ l'arc atlantique crée 1/4 des emplois français,

✼ une part massive des mobilités résidentielles françaises se dirige vers l’Ouest avec des départements littoraux dont la population croît 4 fois plus vite que dans le reste de la France,

✼ les actifs les plus mobiles (médecins, auto-entrepreneurs...) convergent naturellement à l'ouest, et bien d'autres aimeraient suivre.

La géographie française est en train de se reconfigurer.

Ce phénomène est économique, hédoniste, climatique, culturel et presque anthropologique. La brise de l’océan tempère les étés. Les paysages ouverts nous détendent. Les villes de la côte ouest sont à taille humaine. Les densités urbaines y sont encore timides. La West Coast française respire, et attire.

Dans un monde où les talents, mais aussi les actifs dans leur ensemble, comme les retraités, choisissent d’abord où vivre avant de choisir quoi faire, cela signifie beaucoup.

Bien sûr, cette attractivité produit aussi des tensions : crise du logement, réflexes de fermeture, équipements saturés, territoires retard sur leur aménagement.

Un classique. Toutes les régions attractives du monde ne passent-elles pas par là ?

Mais derrière ces tensions, se cache une question plus stratégique pour la France : dans un moment historique où beaucoup de nos atouts s’érodent (industriels, technologiques, démographiques…), la géographie française, l’incroyable diversité de ses cadres de vie, n'est-elle pas en train de devenir l’un des grands atouts de la nation pour les décennies à venir ?

Une façade atlantique magnifique, presque vierge. Des métropoles vivantes, encore embryonnaires. Un territoire déjà habité, presque partout, avec un potentiel d'accueil encore immense.

Une qualité de vie capable d’attirer et de motiver les forces vives sur lesquelles nous comptons pour construire la France qui vient.

Après le boulot, la plage, n'est-ce pas le contrat social de demain ?

La French West Coast est tendance. Ce dont nous n'avons pas encore pris conscience, c’est qu'elle est peut-être l’une des plus grandes chances françaises du XXIᵉ siècle.

Les 18 et 19 septembre 2025 à Rennes, le symposium Organic Cities II — French West Coast, organisé par Villes Vivantes, Sciences Po Rennes et l'OFCE, a réuni 70 interventions, 10 tables rondes et 600 inscrits autour d'une seule question : la façade atlantique est-elle une option géographique et politique pour la France qui vient ?

Toutes les contributions sont publiées ici → Organic Cities II : les actes et replays

En voici quelques extraits.

La France qui vient : introduction à la recomposition organique en cours

✼ La French West Coast ? — David Miet, urbaniste, président de Villes Vivantes

✼ Polyphonie : les vides et les pleins de l'espace français — Jacques Lévy, géographe, prix Vautrin-Lud

✼ Densification d'une part, désertification de l'autre : la nature peut-elle tirer parti du retrait de l'homme ? — Thomas Hanss, urbaniste et paysagiste, co-fondateur de Villes Vivantes

Entre la frénésie pour le littoral et le retrait du trait de côte : quelles possibilités d'accueil et de démocratisation de l'accès à la côte ouest ?

✼ La Côte Ouest française face à son potentiel démographique : et si on élevait les capacités d'accueil à la hauteur des besoins ? — Lucas Pouvreau, géographe et urbaniste, directeur des études de Villes Vivantes

✼ Projection du trait de côte et analyse des impacts à horizon 2100 — Julia Jordan, directrice adjointe risques, eau et mer du Cerema

✼ Densifier pour accueillir plus, une opportunité pour le climat ? — Xavier Timbeau, directeur de l'OFCE, Sciences Po Paris

Vers un littoral résilient, robuste ou anti-fragile ?

✼ La ville dans laquelle vous vivez ne devrait pas exister — Nolan Gray, urbaniste, directeur législatif et de la recherche de California YIMBY

✼ Modélisation et politique de réduction des risques littoraux à Tokyo et New-York — Yuki Miura, ingénieure et chercheuse, New-York University

✼ Qu'est-ce qu'un territoire anti-fragile ? — Julien Meyrignac, urbaniste, co-fondateur de Public(s)

Du Grand Paris à la Grande Côte Ouest ?

✼ « Partager Paris » : pourquoi l'échelle métropolitaine est-elle la seule véritable option ? — Marion Waller, urbaniste et philosophe, directrice du Pavillon de l'Arsenal

✼ 20 ans de Grand Paris : pourquoi un réseau de transport ne suffit-il pas ? — Daniel Béhar, géographe

✼ Paris, Côte Ouest : quelle démocratie pour des espaces en mouvement ? — Jacques Lévy, géographe, prix Vautrin-Lud

✼ Trois scénarios pour faire grandir la côte ouest — David Miet, urbaniste, président de Villes Vivantes

Comment faire pour que l'architecture ne gâche pas tout ?

✼ Le biais du survivant : la beauté que nous voyons est celle que nous avons choisie de sauver — Samuel Hughes, journaliste et chercheur, Oxford University

✼ La Grande Motte, de nouveau à la mode 60 ans plus tard ? — Pierre-Louis Leclercq, architecte, Agence Leclercq Associés

✼ Le style néo-régional basque, efficacité et controverses — Jacques Battesti, responsable des collections du Musée Basque et de l'histoire de Bayonne

✼ La densification douce et ses micro-folies — Amandine Hernandez, urbaniste et architecte, co-fondatrice de Villes Vivantes

Démocratisation du tourisme, surtourisme et économie locale

✼ À partir de quand peut-on considérer qu'il y a surtourisme ? — Linda Lainé, journaliste spécialiste du tourisme, rédactrice en chef de l'Écho touristique

✼ La concentration des lits touristiques est-elle la meilleure solution pour démocratiser le tourisme et, en même temps, limiter son impact environnemental ? — Jean Pinard, géographe, ancien directeur général du Comité Régional du Tourisme et des Loisirs d'Occitanie

✼ Peut-on encore viser l'attractivité touristique ? — Jessica Viscart, directrice adjointe de Tourisme Bretagne

Équiper le littoral et le rétro-littoral : les infrastructures

✼ Relier la côte ouest — Timothy Jackson, co-fondateur de Velvet

✼ Améliorer la mobilité du quotidien sur la côte ouest : rapprocher l'offre de la demande — Thierry Mallet, PDG de Transdev

✼ Littoralisation et mobilités — Aurélie Jehanno, directrice conseil pour SYSTRA, maître de conférence associée auprès de Sciences Po Rennes

✼ Bordeaux Métropole est-elle assez grande pour se payer un métro ? — Mickaël Baubonne, fondateur du projet « métro de Bordeaux », enseignant-chercheur à l'Université de Haute-Alsace

Équiper le littoral et le rétro-littoral : le logement

✼ Peut-on produire du logement social sur le (rétro) littoral ? — Muriel Boulmier, conseillère régionale, présidente de l'Union régionale HLM de Nouvelle-Aquitaine

✼ Reconfigurer et rénover l'existant : un réel levier pour accueillir ? — Gilles Barnet, responsable du service Habitat de Morlaix Communauté

✼ La densification douce de la côte ouest : peut-on produire 50 % de logements abordables en coopérant avec les habitants ? — Thomas Hanss, urbaniste et paysagiste, co-fondateur de Villes Vivantes

Le littoral comme atout pour attirer et fixer les talents ?

✼ Industrie européenne : recréer des avantages ou disparaître ? — Antoine Foucher, président de Quintet Conseil

✼ Rennes est-elle une métropole suffisamment grande pour recruter et développer un projet technologique ambitieux ? — Mathilde Martin, géographe, secrétaire générale de Sweetch Energy

✼ Attirer les talents pour la compétitivité et la performance française — Pierre Leroy, président de la French Proptech

Après l'usine la plage, le contrat social de l'industrie de demain ?

✼ Saint-Nazaire : ville active, ville plaisir — Christophe Cotta, adjoint au Maire de Saint-Nazaire

✼ Pourquoi le littoral est un atout majeur pour recruter et fidéliser les profils techniques ? — Hervé Kermarrec, président du Groupe Kermarrec, président du MEDEF Bretagne

✼ Réindustrialiser, électrifier, décarboner, numériser : l'infrastructure portuaire au cœur des transitions énergétique et numérique — Cécile Maisonneuve, présidente et fondatrice de DECYSIVE

Regards d'ailleurs

✼ Le programme New Towns : 12 villes nouvelles et 1,5 millions de logements neufs pour enrayer la pénurie de logements et libérer le potentiel économique régional de l'Angleterre ? — Patrick Lamson, docteur en urbanisme, Marron Institute NYU

✼ California Forever : entre San Francisco et Sacramento, une ville nouvelle comme réponse au désastre du logement en Californie ? — Gabriel Metcalf, urbaniste, California Forever

✼ Aménager un littoral à haute intensité : Da Nang — littoral, métropole, village — Michael Waibel, géographe, Université de Hambourg

✼ De Tanger à Casablanca : l'aménagement du littoral au service de l'ambition industrielle du Royaume ? — Ahmed Khalid Benomar, économiste, conseiller spécial du Ministère de l'Économie et des Finances du Maroc

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